CAGES

UN COURT-MÉTRAGE DE

VALENTINE LAPIERE

SYNOPSIS

Kim, une jeune fille de 14 ans, est placée en IPPJ pour la première fois. Privée de liberté, elle voit tous ses repères bousculés. Pour reprendre son souffle, elle va devoir apprendre à trouver son équilibre, sa place.

NOTE D’INTENTION

Ce film est né d’une expérience professionnelle, d’une expérience de vie et des questionnements qui en ont découlé. Pendant 5 ans, j’ai animé des ateliers de théâtre à l’IPPJ (l’Institution Publique de Protection de la Jeunesse) de Fraipont. Leur objectif principal était de donner la possibilité et l’espace à des jeunes vivant en centre, d’apprendre à exprimer leurs émotions dans un contexte bienveillant.

Au fil des ateliers, en échangeant avec les jeunes, j’ai pris conscience de la difficulté à laquelle ils se confrontent lors de leur séjour en IPPJ. Brusquement, on leur demande d’assimiler de nouveaux repères, de quitter leurs fondements et leur façon d’être pour se conformer à un ordre de vie strict. Les jeunes doivent réussir à apprivoiser ce nouvel environnement, à en comprendre les codes et les règles afin d’y trouver leur place. Ils ont beau essayer de s’adapter, ils sont comme une marmite sur le feu que l’on tenterait de contenir de force, et malgré tous les efforts qu’ils font, ils ont souvent le sentiment que cela ne suffit pas, ne suffira jamais, qu’on leur en demande trop, d’évoluer trop vite. Alors par moment, ils débordent.

C’est là l’idée qui sous-tend la trame narrative de mon film. À travers l’histoire d’une jeune fille, Kim, qui se retrouve placée en IPPJ pour la première fois, j’aimerais parler de ce moment de transition, de cet instant fragile où le jeune doit trouver un nouvel équilibre pour réussir à se (re)construire.

C’est important pour moi de raconter les premiers pas de Kim à l’institut, de raconter son histoire à partir du déséquilibre que son placement implique et de montrer la fragilité dans laquelle cela la plonge de devoir subitement lâcher le mode de vie qu’elle connait pour en adopter un autre. Je voudrais aussi que l’on vive avec elle cette sensation de perte de liberté, cette compression de l’espace vital et le chaos émotionnel que cela provoque. L’IPPJ devient son lieu de vie quotidien, Kim doit retrouver ses marques, et malgré la bienveillance qui y règne, elle est en permanence confrontée à de nombreuses difficultés.

Je voudrais également m’attacher à la complexité du rapport à l’autre dans ce moment de perte d’équilibre. Souvent, le jeune entretient avec son éducateur – qui par essence représente la norme – un lien complexe, marqué à la fois par une forme de hiérarchie, mais aussi par beaucoup d’affect. L’adulte est son seul point d’attache au quotidien et pourtant il fait aussi figure d’autorité ; c’est lui qui rappelle et impose le cadre. La tension et la recherche d’un équilibre dans cette relation jeune/éducateur est donc omniprésente, et pour moi, si la relation est uniquement basée sur un rapport de subordination, l’équilibre ne peut pas exister. Un lien affectif est nécessaire pour que les rapports humains reprennent le dessus et permettent ainsi à la confiance de s’installer. C’est avec l’idée de cette dualité affection/autorité que j’ai voulu construire la relation de Kim aux adultes.

La recherche d’un équilibre passe aussi par la construction d’un lien avec les autres jeunes du centre. Je voudrais que l’on saisisse la difficulté pour Kim de trouver sa place dans un groupe où elle est confrontée à d’autres jeunes aux personnalités explosives, car également écorchées. J’aimerais réussir à faire sentir à quel point il est complexe pour une jeune dans cette situation de tension, de transition, d’arriver à s’affirmer et à s’assumer, et donc à exister sans agresser. Là aussi, il y a un équilibre à trouver pour parvenir à s’exprimer dans le respect de soi et des autres et pour rendre possible la cohabitation.

C’est pour cette raison que je voudrais que l’humour ait une place importante dans le film. C’est un mécanisme de défense, de protection utilisé par le jeune. Et les moments de rire représentent aussi, selon moi, un point de rencontre possible.  C’est un espace de respiration commun où les tensions peuvent se relâcher, dans ce quotidien parfois contraignant.

Un espace de respiration nécessaire, car j’aimerais que le film raconte la reprise d’un souffle plutôt que l’étouffement. Je voudrais que l’on vive avec Kim des moments de respiration, à travers le rire ou au contact de la nature. C’est cette bulle d’air que représente pour moi l’espace de la ferme. Là-bas, tout est beaucoup plus instinctif et apaisant. La relation aux animaux se construit par le toucher, par le regard et laisse la possibilité à Kim de se sentir valorisée par des tâches simples et concrètes qu’elle parvient à mener à bout. De se ressourcer à l’abri du regard des autres.

Je ne cherche donc pas à accentuer la brutalité de l’histoire et de son contexte. J’aimerais au contraire que le film se conclue sur une note positive, alors que Kim finit par se laisser approcher, et que naisse l’esquisse d’un futur plus serein. Des rires, de faibles rayons de soleil et une nature qui semble se réveiller. Un début de printemps.

Réalisateur

REALISATRICE

  • VALENTINE LAPIERE

CASTING

  • Anouk RUBENS
    Valérie GIMENEZ
    Jean-Benoit UGEUX
    Pitcho WOMBA KONGA
    Monia DOUIEB
    Fatoumata BAH
    Ilana SIDAOUI
    Johanne NUEZ SORIANO